06.10.2016 > 03.02.2017

Join the Revolution / Rejoignez la Révolution

Avec Join the Revolution, Action Zoo Humain part en quête de la « vérité » derrière la révolution. Tout comme dans ses spectacles précédents, la compagnie se rapporte explicitement à la réalité sociale et sociétale, qui se mondialise toujours davantage. Le questionnement autour la double identité flamando-tunisienne des frères Ben Chikha soulevée dans des spectacles comme Le Lion des Flandres (2003) et Notre-Dame de Flandre (2005) offre de la latitude à une perspective plus large, sur l’histoire coloniale et sur les développements actuels dans le monde arabe.

Join the Revolution est la deuxième partie de la Trilogie de la Vérité. Le premier volet s’articulait autour de l’exposition universelle à Gand en 1913, qui a exhibé 128 Sénégalais et 60 Philippins dans des villages reconstitués. Exactement cent ans plus tard, les frères Ben Chikha mettent sur pied La commission de Vérité. Dans l’ancien Palais de justice de Gand, sous la houlette du Président, le professeur émérite Herman Balthazar, des membres de la commission, des témoins et des experts se sont penchés sur la question : ces attractions exotiques étaient-elles racistes et déshonorantes ou, au contraire, un moment d’échange interculturel.

Dans Join the Revolution, un événement historique constitue le point de départ d’un questionnement sur le présent, mais surtout d’une réflexion active sur l’avenir. Cinq ans après le geste de désespoir de Mohammed Bouazizi qui s’est immolé (en décembre 2010), déclenchant par cet acte la Révolution tunisienne, AZH pose la question : « Comment les artistes peuvent-ils soutenir la démocratie naissante en Tunisie ? » Mourade Zeguendi, Marijke Pinoy, Chokri et Zouzou Ben Chikha examinent comment la révolution tunisienne peut nous sortir de l’impasse ici, en Belgique et en Europe ? Que pouvons-nous apprendre de leur révolution ? Que peut-elle signifier pour nous ? Que pouvons-nous signifier pour elle ? L’initiative de financement participatif Artiesten Zonder Grenzen (Artistes sans Frontières) est l’occasion idéale pour réfléchir au sens de l’engagement en ces temps turbulents et au rôle que l’art peut y jouer. Join the Revolution interroge les rapports de pouvoir et l’exercice de l’art (engagé).

La Tunisie, par le biais de quatre de ses organisations civiles majeures, a beau s’être vu décerner le prix Nobel de la Paix, le monde abandonne à son sort cet îlot de démocratie en Afrique du Nord. Malgré cet hommage symbolique encourageant de la communauté internationale, les touristes, les investisseurs et même l’équipe de tournage de Star Wars délaissent la Tunisie. Ce pays où les Ben Chikha ont leurs racines est souvent perçu comme le trait d’union entre le monde arabe et occidental. En raison de son riche passé historique et culturel, la Tunisie a su chaque fois réinventer son identité au cours de l’Histoire. Cette faculté exaspère au plus haut degré les forces fondamentalistes, comme le prouvent les attentats au Musée du Bardo (mars 2015) et sur la plage de Sousse (juin 2015).

Le spectacle s’inspire de l’opéra déconcertant et intemporel d’Henry Purcell, Dido and Aeneas, qui se déroule à Carthage. Les créateurs du spectacle ont trouvé des échos inattendus avec le présent dans l’histoire d’amour tragique entre la reine de Carthage qui accueille le prince troyen, dont les descendants fonderont Rome, fuyant sa ville mise à feu et à sang. « Il y a un parallèle entre la révolution tunisienne et l’opéra Dido and Aeneas de Purcell ». À nos yeux, la similitude est tellement frappante qu’on pourrait croire que Purcell avait prédit le Printemps tunisien, comme un rêve prémonitoire qui se réalise tant de siècles plus tard. Tout y est : le feu, la passion, les mensonges et la tromperie, le suicide, l’espoir ! »

PRODUCTION Action Zoo Humain COPRODUCTION kc Vooruit en KASK/ School of Arts/ HoGent TEXTE Jeroen Olyslaegers, Erwin Jans et Action Zoo Humain RÉGISSEUR Chokri Ben Chikha et Zouzou Ben Chikha DE ET AVEC componist Tim Gistelynck, musicien Walid Ben Chikha, chanteuse d'opéra Nora Khallouf, acteur Mourade Zeguendi, actrice Marijke Pinoy, danseur Rochdi Belgasmi COSTUME Marij de Brabandere SCENOGRAPHIE Ruimtevaarders TECHNIQUE Helmi Demeulemeester &  Dominick Geentjes BEELD Kurt van der Elst  STAGE Maxime Waladi, Stefanos Papadas GRACE A Sami Zemni, Joachim Ben Yakoub, Sarah Eisa, Geniève Galo, Stef Ampe, Thijs Degheldere, Jasper Delbecke, Kristien Van Driessche, Visual Creations COLLABORATION Kunsthuis Opera Vlaanderen Ballet Vlaanderen, Productiehuis Rotterdam, Middle East and North Africa Research Group (Menarg, Universiteit Gent), De Centrale, Moussem AVEC LE SOUTIEN DE Le Gouvernement flamand, la ville de Gand, Centre Mondiale de la Province de Flandre-Orientale, la Province de Flandre-Orientale

Pers

De Standaard 18/12/2015
Le nouveau spectacle d’Action Zoo Humain flirte avec le désir d’occuper l’espace public. Il souhaite être plus que du théâtre ordinaire dans une salle ordinaire.
De Knack 17/12/2015
Monter Dido and Æneas eût certes été une belle expérience, mais dans le théâtre d’aujourd’hui, il ne faut pas que prime la beauté ou les ego des créateurs, mais la rencontre entre les gens et les idées, estiment les frères Ben Chikha.
Het Nieuwsblad 18/12/2015
Il est beau de voir comment la compagnie répond à l’actualité dans cette symbolique et cette discussion.
Kif Kif 21/12/2015
Par leur soif de transparence, les créateurs remettent tout en question. Ce qui n’est pas sans provoquer de la confusion auprès du public... Action Zoo Humain sait construire, de manière désarmante, des ponts entre l'Orient et l'Occident.
DeWereldMorgen 17/12/2015
D’ailleurs, jouée n’importe où dans le monde, cette pièce générerait une interaction riche et un face-à-face fructueux avec le public.
Tumult 18/12/2015
Des temps forts sur le plan esthétique alternent avec des plaidoyers passionnés, soulignant sans cesse le lien entre l’Europe et le monde arabe… AZHréussit à camper des choses sérieuses de telle manière qu’elles parviennent aussi de la sorte au public.
Theaterkrant * * * * 04/01/2016
Action Zoo Humain livre une analyse pointue et autocritique de la paralysie post-moderne et du déchirement idéologique qui, par sa fin ouverte, exhorte le public à relever le gant.